Symposium du 400 ème anniversaire du 12 au 15 octobre 2017 à Rome

Le symposium aura lieu à Rome du 12 au 15 octobre, c’est l’occasion d’une rencontre convi-vial et fraternelle entre tous les membres de la famille vincentienne qui vit aujourd’hui de l’esprit de Saint Vincent de Paul.

Le  thème de l’année jubilaire, qui célèbre le 400 ème anniversaire de la naissance du cha-risme est “Accueillir l’Étranger”. Le Pape François sera de la fête ! Lors de l‘année de la vie consacrée, il avait insister sur l’importance de « regarder le passé avec reconnaissance, vivre le présent avec passion et embrasser l’avenir avec espérance ». Ces mêmes mots nous guideront vers un partage intense entre des personnes laïques et consacrées, venant nom-breux pays du monde. 9 500 participants sont attendus pour échanger sur leur vécu et imaginer avec créativité l’avenir du service de nos frères les plus vulnérables.

Pour préparer ces trois jours, nous sommes invités à une réflexion biblique à trois volets  :

L’Exode, le chemin et le voyage. Tel un triptyque, qui donne du relief, du mouvement à la peinture, et convie aux déplacements tant temporel que spirituel, ces textes nous portent à retrouver notre identité de nomade de Dieu, de chercheur de sa présence dans nos con-temporains et en nous mêmes.

  • L’Exode : un être en sortie

Ex 14, 10 et 13

Les fils d’Israël regardèrent et, voyant les Égyptiens lancés à leur poursuite, ils eurent très peur
Moïse répondit au peuple : « N’ayez pas peur ! Tenez bon ! Vous allez voir aujourd’hui ce que le Seigneur va faire pour vous sauver !  Le Seigneur combattra pour vous, et vous, vous n’aurez rien à faire. »

« Accueillir l’étranger » : ne serait-ce pas d’abord accueillir l’Etranger en nous, cet inconnu qui nous tourne vers notre créateur. Qui sommes nous vraiment ? Vers où nos vies nous mèneront ? Nos propres incompréhensions sont autant de possibilités de partir à la décou-verte de nos paysages intérieurs. Partir et sortir hors de nos routes prédéfinies, traverser nos peurs, nos doutes, écouter nos questionnements, nous apprivoiser…Et croire, croire « que le Seigneur combattra pour nous », que nous serons sauver de nos esclavages mul-tiples.

  • Le chemin : avancer pas à pas

Lc 24, 15 Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.
18 Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. »
28 Jésus fit semblant d’aller plus loin.
29 Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.

« Accueillir l’Etranger » : Jésus est le premier Etranger à accueillir. Celui qui est « le tout Autre », si proche et si lointain. Ses paroles et ses attitudes nous déroutent, nous font prendre des chemins inattendus, des décisions insoupçonnées…Son omniprésence à nos cô-tés reste un mystère que nous ne percevons que par touches. Pas à pas, il marche avec nous, pas à pas nous avançons avec lui, souvent sans le reconnaître. Il fait semblant de par-tir…il attend notre invitation : « reste avec nous ». Il vient demeurer, il entre et reste humblement.

  • Le voyage du calvaire à la Résurrection : devenir témoin

« Accueillir l’Etranger ». C’est parce que Jésus a accueilli l’ Etranger qu’il a été condamné à la mort. Accueillir ce qui est étranger à nos perceptions, ce qui nous dérange, ce que nous ne voulons ni accepter, ni voir. La personne pauvre et pécheresse n’a pas sa place dans une vision du tout pour soi. Elle fait peur et révèle ce que nous pourrions perdre et devenir. La vulnérabilité est effacée quand la toute puissance illusoire s’affiche. Dieu s’est fait homme, chair périssable, parole de vérité, choix de la vie plus forte que les morts qui nous en divertissent.  Ceux qui ont suivi et suivent Jésus essayent avec leur propres fragilités de voyager vers la vie, par Lui, avec Lui et en Lui en témoignant de la brise légère de leur propre expérience.

  • Le voyage vers la nouvelle Jérusalem : le voyage utopique

Is 2, 3-4 Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers. 
De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre.

Is 9, 1 et 3 Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. 
Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés

Is 11, 9 Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la con-naissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer.

Is 66, 18

Moi, je viens rassembler toutes les nations, de toute langue.

« Accueillir l’Etranger » Promesses de Dieu pour son peuple, promesses qui nous sont con-fiées dans leurs réalisations, mais promesses folles, utopistes et étrangères pour la raison. Comment dans un monde où les difficultés et les obstacles sont tant médiatisés y aurait-il un espace pour croire dans ce souffle nouveau, dans ces ténèbres qui laissent surgir la lu-mière ? Le premier le Christ a pris la route de la nouvelle Jérusalem, non sans contraintes mais dans la pleine confiance en l’amour qui traverse toute épreuve.

Osons croire en l’utopie créatrice de ces trois jours, trois jours de voyage pour un service re-suscité de nos frères !

à suivre…

sr Valérie, Fille de la Charité