La Sainte Vierge, unique mère de Louise de Marillac

En toute probabilité, sainte Louise ne connut pas sa mère, mais elle a toujours fixé son regard sur la Vierge Marie, la Mère de Dieu.

Dans ses écrits, sainte Louise parle souvent de Marie, elle l’invoque dans les circonstances les plus diverses, elle la prend comme modèle qu’elle propose à ses Filles, elle lui consacre la Compagnie des Filles de la Charité et même dans ses peintures, son imagination et son art font place à Marie.

Sainte Louise, a l’habitude d’invoquer l’intercession de la Sainte Vierge : « accordez-moi cette grâce par l’amour que vous portez à la Sainte Vierge. » ( Ecrits spirituels A. 26, p. 819)

Ce qu’elle aime le plus en ce monde, son fils et la Compagnie, Louise les confie à la Sainte Vierge.

Elle veut que la Compagnie soit consacrée à Marie et qu’elle la considère toujours comme son Unique Mère.

Après la mort de son époux, Antoine Le Gras :

« Très Sainte Vierge, prenez mon fils et moi, s’il vous plaît, en votre protection, et ayez agréable le choix que je fais de votre protection pour ma conduite ; et recevez mes vœux et mes prières, avec mon cœur que je vous donne entièrement, pour glorifier Dieu du choix que sa bonté a fait de vous, pour être Mère de son Fils » (Ecrits spirituels A. 4, p. 695)

Prions

Placez-nous sous la protection de Notre Très Sainte Vierge et donnons lui notre cœur pour glorifier Dieu de sa bonté faite à Marie.

(Musique)

Dans son Règlement de vie dans le monde, sainte Louise énumère diverses pratiques de dévotion en l’honneur de la Vierge Marie. Dans son catéchisme, elle explique et recommande l’Ave Maria et le rosaire. Elle compose un petit chapelet mais saint Vincent ne l’a sans doute pas autorisé. Cette dévotion de sainte Louise a perduré dans la prière du chapelet des Filles de la Charité entre les mystères : « Très Sainte Vierge, je crois et confesse ….. ».

« Très Sainte Vierge, je crois et confesse votre Sainte et Immaculée Conception pure et sans tâche ; ô très pure Vierge ! Par votre pureté virginale, votre Conception Immaculée, votre glorieuse qualité de Mère de Dieu, obtenez-moi de votre cher Fils l’humilité, la charité, une grande pureté de coeur, de corps et d’esprit, une sainte persévérance dans ma chère vocation, le don d’oraison, une bonne vie et une bonne mort. Amen. »

Prions

Que le Seigneur nous obtienne par l’intercession de Marie: l’humilité, la charité, une grande pureté du cœur, du corps et de l’esprit, la persévérance dans notre vocation, le don de la prière, une vie sainte et une bonne mort.

(Musique)

Louise veut que la Compagnie soit consacrée à Marie et qu’elle la considère toujours comme son Unique Mère. A de nombreuses reprises, Louise se réfère à la Sainte Vierge comme unique mère.

« …Honorer davantage la Sainte Vierge, et lui renouveler notre dépendance, en général, de la Compagnie, comme ses plus chétives filles, mais la regardant aussi comme notre très digne et unique Mère… » (Ecrits spirituelsM. 35b, p. 735)

Focus On 2017.05 - 1«… la Sainte Vierge notre unique et vraie Mère. » (Ecrits spirituels L. 245, p. 281)

« … comme une vraie Fille de la Charité, vous prendrez tout ce qui vous sera dit par celle que vous regardez sur terre pour vous représenter celle qui l’est véritable au Ciel… » (Ecrits spirituels L. 598, p. 618)

Une phrase dans son testament spirituel :

Mademoiselle Le Gras prononce ces paroles, qu’elle leur laisse comme testament et dernière volonté :

« Priez bien la Sainte Vierge qu’elle soit votre unique Mère. »

Prions

Mère du Christ, seule Mère de la Compagnie, pour votre puissante intercession, accordez-nous par votre cher Fils d’être fidèle au patrimoine évangélique de nos saints fondateurs.

(Musique)

Ses écrits personnels et sa correspondance avec saint Vincent reprennent bien sa volonté et ses convictions. Louise demande l’autorisation à M. Vincent d’aller en pèlerinage à Chartres :

« Je vous supplie très humblement, me permettre de faire le voyage de Chartres, en votre absence, pour recommander à la Sainte Vierge tous nos besoins, et les propositions que je vous ai faites. Il est bien temps de penser à moi et devant Dieu je vous dis que je crois que le bien de notre petite Compagnie y a grand intérêt… » (Ecrits spirituels L.110, p. 120)

Focus On 2017.05 - 2Louise raconte à Vincent son pèlerinage à Chartres : « Le lundi,(17 octobre 1644), jour de la Dédicace de l’église de Chartres fut d’offrir à Dieu les desseins de sa Providence sur la Compagnie des Filles de la Charité, lui offrant entièrement la dite Compagnie, et lui demandant sa destruction plutôt qu’elle s’établit contre sa sainte volonté, demandant pour elle, par les prières de la Sainte Vierge, Mère et Gardienne de la dite Compagnie, la pureté dont elle a besoin. Et voyant en la Sainte Vierge l’accomplissement des promesses de Dieu aux hommes, et, en l’accomplissement du mystère de l’Incarnation voyant le vœu de la Sainte Vierge accompli, je lui ai demandé pour la Compagnie cette fidélité par les mérites du sang du Fils de Dieu et de Marie et qu’il fût la liaison forte et douce des cœurs de toutes les Sœurs pour honorer l’union des trois divines personnes. Et pour mon particulier, j’ai mis entre les mains de la Sainte Vierge la résolution à prendre… »
(Ecrits spirituels L.111, p.122)

Prions

Par l’intercession de Marie, Mère de Jésus et de notre Mère, accordez-nous la grâce de vivre ouverte et obéissante à votre volonté. Que nous soyons tous les jours témoins de votre charité, inspirés par l’amour ardent du cœur de votre fils et rempli du feu et de la force de votre Esprit.

Musique)

Louise demande à Vincent que la Compagnie se consacre à Marie et la prenne comme Unique Mère :

« Mon Très Honoré Père, je n’ai osé témoigner à votre charité, au nom de toute la Compagnie de nos Sœurs, que nous nous estimions bien heureuses que vous nous missiez demain au saint autel sous la protection de la Sainte Vierge, ni supplier votre charité de nous obtenir la grâce que nous puissions à toujours la reconnaître pour notre unique Mère puisque son Fils n’avait pas permis jusques à présent que pas une n’usurpât ce nom en acte public. Je vous demande cette approbation pour l’amour de Dieu et la grâce de faire pour nous ce qu’il faudrait que nous fissions et ferons, si votre charité l’agrée et nous l’enseigne. »
(Ecrits spirituels, L. 602, P. 621-622 )

Dans la Conférence du 8 décembre 1658, Vincent de Paul dit cette prière :

« Puisque c’est sous l’étendard de votre protection que la Compagnie de la Charité est établie, si autrefois nous vous avons appelée notre Mère, nous vous supplions maintenant d’agréer l’offrande que nous vous faisons de cette Compagnie en général et de chacune en particulier. Et parce que vous nous permettez de vous appeler notre Mère et que vous êtes la Mère de miséricorde, du canal de laquelle procède toute miséricorde, qui avez obtenu de Dieu, comme il est à croire, l’établissement de cette Compagnie, ayez agréable de la prendre sous votre protection.» (Coste X, p. 100)

(Musique)

Le 12, elle demande la Communion et se prépare, avec grande ferveur et joie, pour la recevoir le jour suivant. Le curé de Saint-Laurent lui administre le Sacrement et lui demande de bénir ses Filles.

 Alors, Mademoiselle Le Gras prononce ces paroles, qu’elle leur laisse comme testament et dernière volonté :

« Mes chères Sœurs, je continue de demander à Dieu pour vous sa bénédiction et le prie qu’il vous fasse la grâce de persévérer en votre vocation pour le servir en la manière qu’il demande de vous.

 Ayez bien soin du service des pauvres, et surtout de bien vivre ensemble dans une grande union et cordialité, vous aimant les unes les autres, pour imiter l’union et la vie de Notre-Seigneur.

Priez bien la Sainte Vierge qu’elle soit votre unique Mère. »

Sainte Louise de Marillac, Ecrits spirituels Ed. Louise Sullivan. New York: New. City Press, 1991, p. 835).

Conclusion

Ainsi, le 15 mars 1660 n’est pas la mort de Louise de Marillac mais bien la manifestation de la plénitude de sa vie. Son premier biographe a fait connaître le phénomène qui s’est produit autour de la sépulture de Louise de Marillac dans la paroisse Saint-Laurent :

Focus On 2017.05 - 3« Il en sort de temps en temps comme une douce vapeur qui répand une odeur semblable à celle de la violette et de l’iris, dont il y a grand nombre de personnes, qui peuvent rendre témoignage ; et ce qui est le plus surprenant, c’est que les Filles de la Charité qui viennent faire leurs prières sur son tombeau, s’en retournent quelquefois si parfumées de cette odeur, qu’elles la portent avec elles aux sœurs malades dans l’infirmerie de la maison. J’y pourrais ajouter le témoignage de l’expérience que j’en ai faite plusieurs fois, s’il était de quelque considération en cette rencontre ; et je pourrais dire qu’après avoir pris toutes les précautions possibles pour examiner si ce n’est point un effet de quelque cause naturelle, je n’en ai pu découvrir aucune à laquelle on le puisse attribuer. » Gobillon, p. 65).

Puis Nicolas Gobillon nous invite à en comprendre la signification et la portée :

Focus On 2017.05 - 4« Mais de quelque qualité que soit l’odeur qui s’élève du sépulcre de cette Servante des pauvres, il en sort une toute spirituelle des exemples de sa vie, plus précieuse que tous les parfums, qui est un ouvrage miraculeux de la grâce, et la marque la plus glorieuse de sa sainteté : c’est ce véritable parfum qui pénètre le cœur de ses filles et qui leur est un attrait si doux et si puissant pour les engager à son imitation. C’est ce parfum qui embaume toutes les paroisses et tous les pasteurs pour leur inspirer l’amour et le soin des pauvres. C’est enfin ce parfum qui ne s’est pas seulement répandu sur la terre dans l’Eglise de Dieu mais qui a monté jusqu’à son trône, et qu’il a reçu comme un agréable sacrifice. »

Le parfum de violette et d’iris perdure et se répand chez les Filles de la Charité. Louise a organisé la formation intégrale de toutes celles qui arrivaient dans la Compagnie. Elle les a aidées à discerner l’authenticité de leur vocation : se donner totalement à Dieu et le servir dans les pauvres. Elle a animé leur vie de prière. Elle a soutenu leur don à Dieu lorsque surgissaient les difficultés dans le service des Pauvres. Elle a créé un véritable climat fraternel entre les sœurs. Elle est intervenue de manière décisive pour que la Compagnie ait un cadre juridique approprié, demandant qu’elle soit sous la direction du Supérieur général de la Congrégation de la Mission. Et surtout, elle a inculqué à ses Filles le véritable esprit de la Charité, insistant sur la qualité du service des pauvres.

(Musique)

Ecoutons Vincent de Paul nous parler de sainte Louise :

Focus On 2017.05-6« Oui, c’est un tableau que nous avons et que vous devez regarder comme un prototype qui vous doit animer à faire de même,…. à vous ressouvenir comme, en toutes choses, elle tendait, en la sienne, à conformer ses actions à celles de Notre-Seigneur. Elle faisait ce que dit saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus qui vit en moi.» Ainsi elle tâchait de se rendre semblable à son Maître par l’imitation de ses vertus. Voyez quel tableau ! Et comment en usez-vous, mes chères sœurs ? C’est en tâchant de former votre vie sur la sienne. Beau tableau, ô mon Dieu : cette humilité, la foi, la prudence, ce bon jugement et toujours le souci de conformer ses actions à celles de Notre-Seigneur !… »[1]  L’invitation de M. Vincent est toujours d’actualité : « Il reste maintenant à faire un modèle » (Coste X, p. 582)

Père Corpus Delgado, cm

(Extrait des Echos nov-déc 2014 – Sainte Louise: «Je continue de demander à Dieu pour vous sa bénédiction », P. Corpus Delgado, cm)