La sainteté des petits pas

La sainteté des petits pas

Ce matin je rejoins la maternité pour rencontrer un jeune couple qui vient de perdre son enfant. La maman allait accoucher après une grossesse habituelle et quelques heures avant, son enfant est mort… Comment imaginer un tel drame ? Le berceau préparé restera vide.

Depuis l’accouchement, il y a trois jours, la maman ne dort plus. Son mari n’est pas croyant mais respecte la foi de sa femme. Ils sont venus à l’aumônerie pour préparer une célébration d’adieu et rendre hommage à leur fille. « Nous devons le faire pour elle, pour l’accompagner jusqu’au bout ». Ils sont très attentifs l’un à l’autre. La beauté de leur amour est lumineuse, leurs regards, leurs gestes, leurs paroles sont empreintes d’une grande tendresse. Ils sont dans un tourbillon émotionnel si violent et pourtant…ils sont debout.

Ils souhaitent prendre le temps de lire les textes, de préparer ce temps de recueillement en famille. Devant l’incompréhension et la douleur, ils ne se révoltent pas : « nous n’avons pas de colère ». Ils vont rejoindre une association qui accompagne les parents qui vivent un deuil périnatal. Ces parents en souffrance sont bouleversés par les tragédies vécues par d’autres parents qui comme eux ont perdu un enfant à naître.

De ce couple, si dévasté et si digne émane une lumière d’Évangile. Leur amour est celui de Marie et de Joseph, tout donné l’un à l’autre et ouvert à la vie. Leur humilité est celle du Centurion, quand ils laissent leurs cœurs blessés, s’émouvoir des situations douloureuses traversées par d’autres parents. Leur accueil de cette épreuve indicible est celui de Marie debout au pied de la croix et recevant le corps de son Fils inanimé.

Leur chemin de sainteté est celui des petits pas, des pas posés dans la confiance de la promesse de vie au-delà de toute mort.

Le Pape François nous invite à ce chemin dans son exhortation apostolique : Gaudate et exultate

«  Au fond, la sainteté, c’est vivre les mystères de sa vie en union avec lui. Elle consiste à s’associer à la mort et à la résurrection du Seigneur d’une manière unique et personnelle, à mourir et à ressusciter constamment avec lui. » (Gaudete et Exultate, 20)

« C’est le Christ aimant en nous, car « la sainteté́ n’est rien d’autre que la charité́ pleinement vécue » (Gaudete et Exultate, 21)